mardi 25 août 2009

Une Prière Américaine, album, Jim Morrison et The Doors, 1978

Je ne vais pas vous faire l'historique de ce disque (moi-même j'en sais peu à son sujet). Qu'il suffise de savoir qu'il est sorti en 1978, soit 7 ans après la mort de Jim Morrison.

Il contient en majorité des poèmes dits par Morrison et mis en musique par les Doors (le reste, extraits de chansons et de concerts, est peu présent).

Eh bien s'il y avait un disque que j'étais condamnée à remettre sur mon teppaz (eh oui les jeunes, on est de la vieille école ici ! ^_^ et encore j'ai pas dit "gramophone") et à écouter jusqu'à la fin des temps, je crois que je choisirais celui-là.

Ce n'est pas tant qu'à son écoute on est imprégné par Morrison, mais plutôt que Morrison cherche à s'exprimer par tous les pores de votre peau, son énergie à irradier dans vos entrailles, sa voix à jaillir par votre gorge et son esprit à communier avec le vôtre.

Alors de deux choses l'une, soit je suis Jim morrison et c'est pour ça que le disque me fait cet effet-là, soit ce disque est une expérience de perception des choses qui sont Jim Morrison et qui nous permet de le ressentir comme s'il était en nous.

On y retrouve les préoccupations du poète, ses obsessions, et aussi son humour. Quant à la musique que les Doors ont composée pour l'occasion, elle est aussi envoûtante que la voix qui imprègne toutes nos cellules, et elle est multi-genres, comme l'étaient les musiciens (enfin eux le sont encore !) et le chanteur, passant du blues aux rythmes sud-américains avec une touche de jazz et même un petit beat qui rappelle de manière (presque imperceptible) les musiques à la mode de l'époque.

Si j'ai une expérience à vous recommander dans la vie, elle n'aura rien à voir avec des substances illicites ou avec le fruit de la vigne, mais elle consistera à écouter An American Prayer, qui porte bien son nom puisqu'elle confine en fin de compte à l'expérience mystique.

lundi 24 août 2009

Nouveau blog de votre serviteur (art)

Avant de continuer mes appréciations de bouquins, films et autres artistes, je voulais vous signaler que j'ai ouvert un second blog (enfin le second ici) où j'annoncerai mes travaux d'illustration (et d'écriture à l'occasion) avec des previews d'illustrations et des images inédites, en construction, et autres petites choses.

C'est là que ça se passe !

La prochaine chronique ici concernera probablement des illustrateurs... à plus tard :)

mercredi 29 juillet 2009

Expo Mucha à Montpellier


Depuis le 20 juin, le musée Fabre (Montpellier Agglomération), propose une rétrospective de l'oeuvre d'Alfons Mucha.
A noter qu'il y en a rarement en France.

L'exposition dure jusqu'au 20 septembre et pour les personnes qui passent dans le coin, je vous encourage à (re)découvrir ce talentueux artiste.

Plus d'infos sur :

Le site du musée Fabre
Le site de la Fondation Mucha
Le site du musée Mucha de Prague


dimanche 7 juin 2009

Linger, Viggo Mortensen, 2005


Durant ces moments où nous avons besoin de réconfort, de contemplation et de rêve, l'ouvrage de Viggo Mortensen, Linger, est une véritable bouffée de bien-être.
Il allie photographies et poèmes, ainsi que textes courts et une nouvelle (si ça vous rappelle Horizon Motel ce n'est pas un hasard : je n'ai rien inventé et Viggo Mortensen non plus, il se trouve que nos goûts en matière de bouquins persos semblent être très similaires). Les poèmes sont pour la plupart en anglais, pour certains en espagnol, et le livre compte aussi quelques citations choisies par l'auteur.
Pour ma part, les photographies sont la partie que je préfère, quoi que certains poèmes me fascinent beaucoup, comme celui, très bref, qui parle d'un livre rempli de phrases incomplètes (je vous laisse le découvrir).
Linger est une fenêtre ouverte sur un très bel univers qui mêle à la fois des images simples tenant de la vie de tous les jours et ces images que l'on croise régulièrement au détour de nos pérégrinations mais que seules certaines personnes savent capturer pour en prolonger le moment au-delà de l'instant où la photo est prise. Savoir retenir le souffle magique le temps d'une photo prise au détour de la vraie vie pour en donner sous la forme imprimée le souvenir d'un instant d'éternité, c'est le talent de Mr Mortensen, et à travers ses photos, et ses textes, qu'ils soient intimes ou vus avec distance, nous partageons quelques instants de paix et d'un certain recueillement à la fois porteur d'espoir et mélancolique, une sensation d'apaisement.
On peut se procurer les ouvrages de Viggo Mortensen dans sa maison d'édition, sur http://www.percevalpress.com/

jeudi 21 mai 2009

Le Vicomte Pourfendu, Italo Calvino,1951


C'est hier midi même, durant ma pause déjeuner (car à présent que j'ai un travail "de gens normaux", régulier quoique provisoire, je fais des pauses déjeuner), que cherchant une lecture qui pourrait faire tilter mon cerveau de joie, je suis tombée par hasard sur ce titre alléchant : Le Vicomte Pourfendu.
Je connaissais bien l'auteur, Italo Calvino, de nom, mais n'avais jamais rien lu de lui. La quatrième de couverture m'ayant confortée dans la première impression favorable que m'avait faite le titre, j'achetai le petit opus et m'en allai l'entamer dans un coin tranquille (non, je sais ce que penseront ceux qui me connaissent bien, mais ce ne fut pas les toilettes ^_^) avant de retourner au bureau, bien intriguée déjà par les quelques premières pages que j'avais eu le temps de parcourir.
Ce matin, profitant du jour férié, je me levai et décidai de pousser ma lecture : le livre est assez court, très bien écrit, et je le terminai en deux heures.
Eh bien messieurs dames, voici un bouquin que je vous conseille vivement si vous ne l'avez encore jamais lu !
Calvino (1923-1985 à ce que j'ai pu voir en wikipédiatisant) fait partie de ces auteurs géniaux qui savent vous aspirer dans leur univers, ici on est à la fois dans le conte et dans la fable un peu acerbe, dans le désordre cela m'a évoqué : Dalì, Picasso, Cervantés, Potocki, Gautier, Féval, Eco, Matthew G Lewis et tout plein d'auteurs qui philosophent génialement avec humour en touchant au surréalisme et au fantastique sans avoir l'air d'y toucher...
Il paraît en plus que Le Vicomte est le premier ouvrage d'une trilogie dont je vais m'empresser de me procurer les deux suivants (ils sont de plus très abordables au niveau sous-sous), surtout si je peux les lire aussi vite car, malgré mon changement de boulot, j'ai toujours aussi peu de temps et encore moins qu'avant si on y pense (s'organiser, voilà le secret, pas toujours facile).
Enfin, si Calvino est italien, on sent également une très forte influence espagnole dans ce récit (je me la suis expliquée en voyant qu'il est né à Cuba), récit que je ne vous dévoilerai pas trop, quoique, lorsqu'on a posé le sujet : l'histoire se passe jadis, il s'agit d'un vicomte qui part à la guerre - en Bohême, l'une des patries de nos chers vampires - et en revient coupé en deux de haut en bas par un boulet de canon, ses deux moitiés poursuivant leur vie contre toute attente, l'une foncièrement mauvaise et l'autre foncièrement bonne, l'histoire se terminant par une morale évidente (qu'il faut un peu de tout pour faire un être).
Eh bien ce conte a totalement satisfait les deux (et quelques) parties de la lectrice que je suis et j'ai hâte de découvrir la suite ! (que je vais probablement me procurer demain durant ma désormais bénie pause déjeuner puisque je ne fais pas le pont ^_^)
En attendant, je vous conseille vivement la lecture du Vicomte Pourfendu, et je suis bien aise d'avoir encore découvert un auteur que je ne connaissais que de nom et qui méritait bien sa bonne renommée.
Pour information, comme je n'ai pas souvent le temps de blogguer avec vous, ma prochaine entrée concernera le très beau livre Linger de Viggo Mortensen.
A bientôt, et bravo posthume, chapeau bas monseigneur, à Italo Calvino !

jeudi 9 avril 2009

Masques de Femmes, Elie Darco & Cyril Carau, Le Calepin Jaune Editions, Mars 2009

Je n'ai pas pour habitude de chroniquer les livres qui sont sortis dans ma propre maison d'édition mais je vais faire une exception pour nos derniers ouvrages, dont Masques de Femmes, dont on a à mon goût trop peu parlé.

Il s'agit donc là d'un recueil de nouvelles fantastiques écrit à quatre mains par Elie Darco et Cyril Carau, couple d'auteurs et illustrateurs à la ville comme à la scène. Les nouvelles se déroulent dans un dix-neuvième siècle fantastique où l'on perçoit également les influences d'autres époques, notamment la Renaissance.

Je ne vais pas vous raconter les nouvelles, non, ça je vous laisse le découvrir en lisant le livre (pour les chanceux qui se sont procuré ce bijou à très petit tirage ayant paru juste avant l'arrêt "momentané mais durable" des publications du Calepin Jaune Editions - ceux qui n'ont pas su saisir cette occasion ne blâmez que vous-mêmes... et rattrapez-vous lorsque ce recueil reparaîtra chez un autre éditeur).

A savoir que mon texte préféré, tout compte fait, même s'il y en a beaucoup qui m'ont plu, reste "Le Témoignage de Natalia", une histoire de roussalka mettant en scène tous les ingrédients que j'aime dans la littérature fin de siècle.

Ce qu'il faut souligner dans ce recueil outre le fait que les textes sont magnifiques et mis en valeur par des illustrations très élaborées réalisées par nos talentueux auteurs eux-mêmes (tout comme la splendide illustration de couverture), c'est qu'il a été écrit et conçu avec une véritable passion et que cela se ressent à la lecture. Elie et Cyril sont des orfèvres, ils aiment ce qu'ils font, ce qu'ils écrivent, ils aiment leurs personnages, veulent le meilleur pour eux, et nous, lecteurs, le ressentons : on a vraiment le sentiment qu'il y a eu tout un travail, tout un "ciselage" de Masques de Femmes, et que celui-ci a été effectué avec amour du beau, jusqu'à la maquette, signée Elie également, aux lettrines et aux petits détails tels que les bas de pages, qui ont été réalisés avec précision et élégance. Lorsqu'on achète et qu'on lit Masques de Femmes, on peut se dire sans honte "j'en ai pour mon argent et même davantage" : l'objet livre est beau, le contenu intellectuel, littéraire et artistique est beau.

Il faut souligner également la parfaite symbiose entre les deux auteurs : leurs nouvelles, leurs thèmes et leur écriture se complètent parfaitement, tout comme leurs illustrations. On sent qu'écrire ensemble et illustrer ensemble leur a été un plaisir et une motivation, un moyen de plus de fusionner, et le coeur qu'ils ont mis à l'ouvrage, nous le retrouvons avec le plaisir de nous plonger dans ce recueil.

En résumé, si vous avez l'occasion de vous procurer Masques de Femmes un jour, n'hésitez pas, il est, comme toutes les publications du Calepin Jaune Editions (même si je ne le dis pas en toute modestie, je le dis par contre en toute objectivité), un véritable trésor, et j'ai été immensément fière de clore notre belle série d'ouvrages par Masques de Femmes (et aussi Precious Things, l'art-book de Nati Pierandrei, dont je reparlerai), cela a rendu mon exil moins amer.

En attendant de pouvoir un jour être à nouveau votre éditrice, je vous dis merci Elie et Cyril pour votre talent, votre gentillesse, votre sérieux et votre implication : puissent vos futures publications connaître tout le succès qu'elles - et leurs deux auteurs - méritent !

dimanche 5 avril 2009

Marie-Antoinette, Sofia Coppola 2006

Voici un film que j'avais vu il y a quelque temps et qui, sans pourtant me transcender, m'avait suffisamment plu pour que je veuille me le procurer en DVD collector. J'ai dû attendre longtemps puis - comme j'ai eu un petit boulot récemment - j'ai pu m'offrir le coffret "royal" pour moins de 30 euros, tout neuf et tout : dedans on trouve le dvd collector du film, une affiche, le bouquin qui a inspiré le film en belle édition et un éventail rose.
Et je me suis même acheté le livre de photos du film, un joli livre mais par contre pour le niveau d'édition la qualité des photos n'est pas top-top.
Donc pour en revenir au film lui-même, parce que c'est ça qui est intéressant, pas les à-côtés, disons que le scénario ne va pas m'empêcher de dormir (c'est sans doute parce qu'on connaît bien l'histoire de Marie-Antoinette dans notre culture) mais par contre au niveau image, c'est vraiment un film merveilleux ! La manière donc c'est filmé, les décors et les costumes évidemment, et surtout l'imagerie inhérente à Sofia Coppola (je n'ai pas vu ses autres films mais je me souviens d'extraits de The Virgin Suicides où on avait aussi cette atmosphère lumineuse, ensoleillée et champêtre).
Enfin, le film fait près de deux heures mais on ne les voit pas passer, occupé qu'on est à dévorer des yeux les moindres détails des décors, replis des étoffes des robes, bijoux, bonbons et gâteaux divers, fleurs, meubles : on nage comme dans une bonbonnière, un coffre à bijoux, un étalage de choses précieuses, belles, colorées et diaphanes. Les extérieurs sont superbes, on se sent emporté dans ces paysages, on regarde vraiment tout ça avec rien moins que de l'avidité, mais une saine avidité, un besoin de se gorger indéfiniment de beauté.

Kirsten Dunst, qui est l'actrice principale, donne ici à mes yeux la suite parfaite de ce qu'elle était dans Entretien avec un vampire : la petite fille vêtue de jolis costumes d'époque est devenue une belle et fraîche jeune fille qu'on voit évoluer avec plaisir dans le film, elle joue très bien, est très gracieuse et vraiment parfaite. D'ailleurs les acteurs jouent tous très bien, et très juste, ils n'en font pas trop, ni trop peu - on y voit même l'excellent Guillaume Gallienne.
Niveau scénario, j'y reviens, c'est un peu trop "léger" pour moi, mais en même temps c'est parfaitement adapté à l'effet que voulait donner Sofia Coppola en décrivant Marie-Antoinette, son innocence et le monde un peu 'étrange' dans lequel elle est amenée à vivre. Il y a un parti-pris un peu "ado" qui va très bien avec le sujet, même si je pense que c'est ce qui fait que je n'accroche pas totalement, d'une part parce que je ne suis plus ado depuis longtemps, et d'autre part parce que quand je l'étais j'étais quand même plutôt taciturne même si j'aimais bien rigoler, et en tant que jeune adulte aussi, hormis quelques moments de délire, j'ai toujours été quelqu'un d'un peu rabat-joie avec les pieds sur terre, et donc il y a une partie du "trip" auquel je ne suis pas sensible.
Ceci dit, l'histoire est quand même sympathique à suivre.

Autre chose sur laquelle je n'ai pas accroché : la musique. Hormis les musiques "anciennes" dont je suis cliente, il y a toute une bande son "d'jeuns et branchée en restant élitiste" qui ne me branche pas particulièrement. Il y a quand même une ou deux musiques amusantes comme "I Want Candy" mais dans l'ensemble je suis davantage intéressée par les musiques d'époque. Malgré tout, ça fait également partie de cette vision adolescente qu'a voulu donner Sofia Coppola - elle l'explique d'ailleurs parfaitement dans le documentaire sur le tournage - et c'est donc très en phase avec son film.
Tout ça pour dire que je ne suis pas prêt de me lasser de voir et de revoir ce film, qui est un véritable bijou, je mets Sofia Coppola et sa Marie-Antoinette sur la même étagère que je range son papa et son Bram Stoker's Dracula : la classe, le talent, bref, le don ! (mais je suis un vieux vampire alors tout ça, ça me ramène un peu "à la maison" ;))