dimanche 7 juin 2009

Linger, Viggo Mortensen, 2005


Durant ces moments où nous avons besoin de réconfort, de contemplation et de rêve, l'ouvrage de Viggo Mortensen, Linger, est une véritable bouffée de bien-être.
Il allie photographies et poèmes, ainsi que textes courts et une nouvelle (si ça vous rappelle Horizon Motel ce n'est pas un hasard : je n'ai rien inventé et Viggo Mortensen non plus, il se trouve que nos goûts en matière de bouquins persos semblent être très similaires). Les poèmes sont pour la plupart en anglais, pour certains en espagnol, et le livre compte aussi quelques citations choisies par l'auteur.
Pour ma part, les photographies sont la partie que je préfère, quoi que certains poèmes me fascinent beaucoup, comme celui, très bref, qui parle d'un livre rempli de phrases incomplètes (je vous laisse le découvrir).
Linger est une fenêtre ouverte sur un très bel univers qui mêle à la fois des images simples tenant de la vie de tous les jours et ces images que l'on croise régulièrement au détour de nos pérégrinations mais que seules certaines personnes savent capturer pour en prolonger le moment au-delà de l'instant où la photo est prise. Savoir retenir le souffle magique le temps d'une photo prise au détour de la vraie vie pour en donner sous la forme imprimée le souvenir d'un instant d'éternité, c'est le talent de Mr Mortensen, et à travers ses photos, et ses textes, qu'ils soient intimes ou vus avec distance, nous partageons quelques instants de paix et d'un certain recueillement à la fois porteur d'espoir et mélancolique, une sensation d'apaisement.
On peut se procurer les ouvrages de Viggo Mortensen dans sa maison d'édition, sur http://www.percevalpress.com/

jeudi 21 mai 2009

Le Vicomte Pourfendu, Italo Calvino,1951


C'est hier midi même, durant ma pause déjeuner (car à présent que j'ai un travail "de gens normaux", régulier quoique provisoire, je fais des pauses déjeuner), que cherchant une lecture qui pourrait faire tilter mon cerveau de joie, je suis tombée par hasard sur ce titre alléchant : Le Vicomte Pourfendu.
Je connaissais bien l'auteur, Italo Calvino, de nom, mais n'avais jamais rien lu de lui. La quatrième de couverture m'ayant confortée dans la première impression favorable que m'avait faite le titre, j'achetai le petit opus et m'en allai l'entamer dans un coin tranquille (non, je sais ce que penseront ceux qui me connaissent bien, mais ce ne fut pas les toilettes ^_^) avant de retourner au bureau, bien intriguée déjà par les quelques premières pages que j'avais eu le temps de parcourir.
Ce matin, profitant du jour férié, je me levai et décidai de pousser ma lecture : le livre est assez court, très bien écrit, et je le terminai en deux heures.
Eh bien messieurs dames, voici un bouquin que je vous conseille vivement si vous ne l'avez encore jamais lu !
Calvino (1923-1985 à ce que j'ai pu voir en wikipédiatisant) fait partie de ces auteurs géniaux qui savent vous aspirer dans leur univers, ici on est à la fois dans le conte et dans la fable un peu acerbe, dans le désordre cela m'a évoqué : Dalì, Picasso, Cervantés, Potocki, Gautier, Féval, Eco, Matthew G Lewis et tout plein d'auteurs qui philosophent génialement avec humour en touchant au surréalisme et au fantastique sans avoir l'air d'y toucher...
Il paraît en plus que Le Vicomte est le premier ouvrage d'une trilogie dont je vais m'empresser de me procurer les deux suivants (ils sont de plus très abordables au niveau sous-sous), surtout si je peux les lire aussi vite car, malgré mon changement de boulot, j'ai toujours aussi peu de temps et encore moins qu'avant si on y pense (s'organiser, voilà le secret, pas toujours facile).
Enfin, si Calvino est italien, on sent également une très forte influence espagnole dans ce récit (je me la suis expliquée en voyant qu'il est né à Cuba), récit que je ne vous dévoilerai pas trop, quoique, lorsqu'on a posé le sujet : l'histoire se passe jadis, il s'agit d'un vicomte qui part à la guerre - en Bohême, l'une des patries de nos chers vampires - et en revient coupé en deux de haut en bas par un boulet de canon, ses deux moitiés poursuivant leur vie contre toute attente, l'une foncièrement mauvaise et l'autre foncièrement bonne, l'histoire se terminant par une morale évidente (qu'il faut un peu de tout pour faire un être).
Eh bien ce conte a totalement satisfait les deux (et quelques) parties de la lectrice que je suis et j'ai hâte de découvrir la suite ! (que je vais probablement me procurer demain durant ma désormais bénie pause déjeuner puisque je ne fais pas le pont ^_^)
En attendant, je vous conseille vivement la lecture du Vicomte Pourfendu, et je suis bien aise d'avoir encore découvert un auteur que je ne connaissais que de nom et qui méritait bien sa bonne renommée.
Pour information, comme je n'ai pas souvent le temps de blogguer avec vous, ma prochaine entrée concernera le très beau livre Linger de Viggo Mortensen.
A bientôt, et bravo posthume, chapeau bas monseigneur, à Italo Calvino !

jeudi 9 avril 2009

Masques de Femmes, Elie Darco & Cyril Carau, Le Calepin Jaune Editions, Mars 2009

Je n'ai pas pour habitude de chroniquer les livres qui sont sortis dans ma propre maison d'édition mais je vais faire une exception pour nos derniers ouvrages, dont Masques de Femmes, dont on a à mon goût trop peu parlé.

Il s'agit donc là d'un recueil de nouvelles fantastiques écrit à quatre mains par Elie Darco et Cyril Carau, couple d'auteurs et illustrateurs à la ville comme à la scène. Les nouvelles se déroulent dans un dix-neuvième siècle fantastique où l'on perçoit également les influences d'autres époques, notamment la Renaissance.

Je ne vais pas vous raconter les nouvelles, non, ça je vous laisse le découvrir en lisant le livre (pour les chanceux qui se sont procuré ce bijou à très petit tirage ayant paru juste avant l'arrêt "momentané mais durable" des publications du Calepin Jaune Editions - ceux qui n'ont pas su saisir cette occasion ne blâmez que vous-mêmes... et rattrapez-vous lorsque ce recueil reparaîtra chez un autre éditeur).

A savoir que mon texte préféré, tout compte fait, même s'il y en a beaucoup qui m'ont plu, reste "Le Témoignage de Natalia", une histoire de roussalka mettant en scène tous les ingrédients que j'aime dans la littérature fin de siècle.

Ce qu'il faut souligner dans ce recueil outre le fait que les textes sont magnifiques et mis en valeur par des illustrations très élaborées réalisées par nos talentueux auteurs eux-mêmes (tout comme la splendide illustration de couverture), c'est qu'il a été écrit et conçu avec une véritable passion et que cela se ressent à la lecture. Elie et Cyril sont des orfèvres, ils aiment ce qu'ils font, ce qu'ils écrivent, ils aiment leurs personnages, veulent le meilleur pour eux, et nous, lecteurs, le ressentons : on a vraiment le sentiment qu'il y a eu tout un travail, tout un "ciselage" de Masques de Femmes, et que celui-ci a été effectué avec amour du beau, jusqu'à la maquette, signée Elie également, aux lettrines et aux petits détails tels que les bas de pages, qui ont été réalisés avec précision et élégance. Lorsqu'on achète et qu'on lit Masques de Femmes, on peut se dire sans honte "j'en ai pour mon argent et même davantage" : l'objet livre est beau, le contenu intellectuel, littéraire et artistique est beau.

Il faut souligner également la parfaite symbiose entre les deux auteurs : leurs nouvelles, leurs thèmes et leur écriture se complètent parfaitement, tout comme leurs illustrations. On sent qu'écrire ensemble et illustrer ensemble leur a été un plaisir et une motivation, un moyen de plus de fusionner, et le coeur qu'ils ont mis à l'ouvrage, nous le retrouvons avec le plaisir de nous plonger dans ce recueil.

En résumé, si vous avez l'occasion de vous procurer Masques de Femmes un jour, n'hésitez pas, il est, comme toutes les publications du Calepin Jaune Editions (même si je ne le dis pas en toute modestie, je le dis par contre en toute objectivité), un véritable trésor, et j'ai été immensément fière de clore notre belle série d'ouvrages par Masques de Femmes (et aussi Precious Things, l'art-book de Nati Pierandrei, dont je reparlerai), cela a rendu mon exil moins amer.

En attendant de pouvoir un jour être à nouveau votre éditrice, je vous dis merci Elie et Cyril pour votre talent, votre gentillesse, votre sérieux et votre implication : puissent vos futures publications connaître tout le succès qu'elles - et leurs deux auteurs - méritent !

dimanche 5 avril 2009

Marie-Antoinette, Sofia Coppola 2006

Voici un film que j'avais vu il y a quelque temps et qui, sans pourtant me transcender, m'avait suffisamment plu pour que je veuille me le procurer en DVD collector. J'ai dû attendre longtemps puis - comme j'ai eu un petit boulot récemment - j'ai pu m'offrir le coffret "royal" pour moins de 30 euros, tout neuf et tout : dedans on trouve le dvd collector du film, une affiche, le bouquin qui a inspiré le film en belle édition et un éventail rose.
Et je me suis même acheté le livre de photos du film, un joli livre mais par contre pour le niveau d'édition la qualité des photos n'est pas top-top.
Donc pour en revenir au film lui-même, parce que c'est ça qui est intéressant, pas les à-côtés, disons que le scénario ne va pas m'empêcher de dormir (c'est sans doute parce qu'on connaît bien l'histoire de Marie-Antoinette dans notre culture) mais par contre au niveau image, c'est vraiment un film merveilleux ! La manière donc c'est filmé, les décors et les costumes évidemment, et surtout l'imagerie inhérente à Sofia Coppola (je n'ai pas vu ses autres films mais je me souviens d'extraits de The Virgin Suicides où on avait aussi cette atmosphère lumineuse, ensoleillée et champêtre).
Enfin, le film fait près de deux heures mais on ne les voit pas passer, occupé qu'on est à dévorer des yeux les moindres détails des décors, replis des étoffes des robes, bijoux, bonbons et gâteaux divers, fleurs, meubles : on nage comme dans une bonbonnière, un coffre à bijoux, un étalage de choses précieuses, belles, colorées et diaphanes. Les extérieurs sont superbes, on se sent emporté dans ces paysages, on regarde vraiment tout ça avec rien moins que de l'avidité, mais une saine avidité, un besoin de se gorger indéfiniment de beauté.

Kirsten Dunst, qui est l'actrice principale, donne ici à mes yeux la suite parfaite de ce qu'elle était dans Entretien avec un vampire : la petite fille vêtue de jolis costumes d'époque est devenue une belle et fraîche jeune fille qu'on voit évoluer avec plaisir dans le film, elle joue très bien, est très gracieuse et vraiment parfaite. D'ailleurs les acteurs jouent tous très bien, et très juste, ils n'en font pas trop, ni trop peu - on y voit même l'excellent Guillaume Gallienne.
Niveau scénario, j'y reviens, c'est un peu trop "léger" pour moi, mais en même temps c'est parfaitement adapté à l'effet que voulait donner Sofia Coppola en décrivant Marie-Antoinette, son innocence et le monde un peu 'étrange' dans lequel elle est amenée à vivre. Il y a un parti-pris un peu "ado" qui va très bien avec le sujet, même si je pense que c'est ce qui fait que je n'accroche pas totalement, d'une part parce que je ne suis plus ado depuis longtemps, et d'autre part parce que quand je l'étais j'étais quand même plutôt taciturne même si j'aimais bien rigoler, et en tant que jeune adulte aussi, hormis quelques moments de délire, j'ai toujours été quelqu'un d'un peu rabat-joie avec les pieds sur terre, et donc il y a une partie du "trip" auquel je ne suis pas sensible.
Ceci dit, l'histoire est quand même sympathique à suivre.

Autre chose sur laquelle je n'ai pas accroché : la musique. Hormis les musiques "anciennes" dont je suis cliente, il y a toute une bande son "d'jeuns et branchée en restant élitiste" qui ne me branche pas particulièrement. Il y a quand même une ou deux musiques amusantes comme "I Want Candy" mais dans l'ensemble je suis davantage intéressée par les musiques d'époque. Malgré tout, ça fait également partie de cette vision adolescente qu'a voulu donner Sofia Coppola - elle l'explique d'ailleurs parfaitement dans le documentaire sur le tournage - et c'est donc très en phase avec son film.
Tout ça pour dire que je ne suis pas prêt de me lasser de voir et de revoir ce film, qui est un véritable bijou, je mets Sofia Coppola et sa Marie-Antoinette sur la même étagère que je range son papa et son Bram Stoker's Dracula : la classe, le talent, bref, le don ! (mais je suis un vieux vampire alors tout ça, ça me ramène un peu "à la maison" ;))

mardi 24 février 2009

Le Curieux Cas de Benjamin Button (oui je traduis littéralement ^_^)

Je connaissais bien Cyprien Bouton pour m'être cachée derrière ce pseudonyme (eh oui, ceux qui n'avaient pas vu/pas reconnu, comme ça vous le saurez ;)), mais je ne connaissais pas Benjamin Button... et pourtant, c'est une nouvelle datant de 1921 que l'on doit au grand Francis Scott Fitzgerald. Ah, The Great Gatsby, comme on nous a bassinés avec ça à la fac d'anglais... pourtant c'était bien, mais on ne se rend pas compte de la valeur de certains livres quand on les étudie "forcés", il faut se laisser le temps de les redécouvrir pour/par soi.
Et regardez, encore un exemple de choses qui se mordent la queue :
The Great Gatsby, de Fitzgerald
le film tiré du livre, avec Robert Redford
Robert Redford qui fait jouer Brad Pitt
Brad Pitt qui joue dans Benjamin Button
The Curious Case of Benjamin Button de Fitzgerald
La boucle est bouclée :)
J'adore la vie quand elle est aussi facile - ce n'est pas toujours le cas hélas.
Mais bref, revenons-en à nos (vieux) moutons.
Je me rappelais avoir apprécié le thème du gars qui naît vieux puis qui meure bébé pour l'avoir observé chez Claire Bretécher dans l'excellente aventure "La Vie sans motif de Meredith Blanchard" qui était parue dans son album de bédé Le Cordon Infernal.
Eh bien il est tout aussi excellent dans ce film de David Fincher (ah, Fight Club, quel coup de génie :)) qui choisit très bien les histoires à adapter... et les adapte très bien.
Que dire sur ce film (décidément après The Wrestler, je peux dire "tiens, un autre excellent film", le mois aura été agréable :))... on a un peu de fantastique, un peu de Nouvelle Orléans (les deux vont souvent de pair ^_^), de belles images, de bons acteurs (héhé je peux recommencer mon coup des boucles bouclées avec les acteurs du film aussi si vous voulez ^_^).
C'est peut-être un peu trop romantique, mais en même temps, un peu de romantisme, qu'est-ce que ça fait du bien desfois :)
Et puis il y a cette réflexion sur la vie et la mort, qui est très belle (j'ai beaucoup pensé à mon dernier papi qui est en maison de retraite loin de chez moi et que je ne vois pas souvent... desfois on se dit que si on avait plein de fric, on pourrait rendre le monde meilleur et les choses moins difficiles).
Donc la réflexion, on voit que c'est un grand écrivain qui est derrière tout ça :)... si ça se trouve, Fitzgerald, quand il est arrivé avec sa nouvelle à l'époque, il s'est fait jeter et personne n'a voulu la publier jusqu'à ce que Gatsby ait du succès *rires* mais je ne sais pas, ce n'était peut-être pas un "écrivain poissard" comme Bukowski... ou moi lol (des génies méconnus ^_^), il a peut-être eu une carrière fructueuse et régulière, je ne me souviens pas m'être penchée dessus : il faudra que je peaufine ma culture Fitzgeraldienne... je me rappelle surtout de Shelby Foote comme auteur étudié dans mes premières années de fac en fait.
Bref, quoi qu'il en soit, Benjamin Button est un très beau film, émouvant, qui fait réfléchir ou nous conforte dans nos observations de la vie, et qui fait un peu rêver aussi, notamment par les décors et l'atmosphère.
La partie que j'ai préféré c'est le début, quand il est vieux, c'est plein d'humour aussi...
Enfin, je vous le conseille, comme pour The Wrestler mais dans un genre différent (quoique pas si éloigné au niveau pensée) je n'ai là encore rien à dire hormis : "c'est du très bon, allez-y !"
Ca m'a même donné envie de dessiner... et peut-être de me remettre à écrire intensivement, on verra si je peux (je ne suis plus si verte ;)).

mardi 10 février 2009

The Wrestler meets Dexter (seulement sur ce blog ^_^)

Au départ, je devais rédiger une entrée de blog sur Dexter car nous avons fini de regarder la saison 3 il y a quelques semaines (bien entendu elle est à la hauteur des deux précédentes et Dexter ne démérite jamais ^_^)... mais tout le monde aime Dexter alors qu'est-ce que j'ai à y ajouter... rien (moi j'aime les donuts !). Ah si : en plus de regarder la série, il faut lire les bouquins (les histoires ne sont pas tout à fait les mêmes, bien que la série soit très fidèle aux romans... au passage chapeau bas aux acteurs, à l'auteur, aux scénaristes, etc.

Mais revenons-en à ce qui m'occupe l'esprit en ce moment : la semaine dernière, nous avons donc fini par regarder The Wrestler, le film de Darren Aronofsky (j'espère que je n'écorche pas l'orthographe) avec Mickey Rourke.
En gros, on en parle tellement que tout le monde connaît le sujet du film : un catcheur ayant eu son heure de gloire à la fin des années 80 et qui tente de survivre dans son métier (et dans sa vie) bien qu'il soit sur le déclin (lui, pas son métier ^_^).

Mickey Rourke, d'abord : voilà un acteur que je n'appréciais pas particulièrement malgré ses qualités d'acteur, hormis dans Barfly (un film sur Bukowski, j'y reviendrai) qu'ayant revu l'an dernier avec ses compagnons Contes de la Folie Ordinaire (avec Ben Gazzara dans le rôle de Bukowski) et Factotum (avec Matt Dillon dans le rôle de Bukowski, mon adaptation préférée des trois qui sont cependant toutes valables, surtout si on les voit ensemble, elles montrent chacune une interprétation de Bukowski et c'est assez convaincant : elles sont complémentaires et donc indissociables), j'ai fini par apprécier largement.
Bref, Mickey Rourke, qui commence à avoir une gueule à la Bukowski d'ailleurs, interprète Randy "The Ram" avec un talent indéniable. Il faut dire aussi que le scénario est très bon, les acteurs/trices du film sont bons, c'est bien filmé, bien monté, bien écrit. Le milieu du catch est bien observé et bien rendu, on voit des apparitions de certains catcheurs venus de toutes les fédérations et pas seulement de la WWE - je crache pas dessus, tous mes catcheurs favoris y sont, mais quand même, les autres valent le coup aussi ^_^ - quoiqu'on y voie une apparition de R-Truth qui fait des vrilles comme personne (sur le ring, pas dans le film).

Je ne voudrais pas halluciner non plus, mais il me semble qu'à un moment donné du film, lorsque The Ram entre dans un des vestiaires, on aperçoit au loin Marilyn Manson (dont la petite amie joue la fille de Rourke dans le film) déguisé en catcheur - mais je devrais re-mater le film pour en être certaine (ou peut-être que d'autres s'en sont aperçus et l'ont marqué sur le web : à vous de chercher, moi j'ai la flemme ^_^). Il a aussi semblé à Eric que c'était lui, mais on était tellement absorbés par le personage principal qu'on n'a pas reconnu toutes les "cameo appearances" (à ce propos, dans la saison 3 de Dexter, épisode 10 si ma mémoire est bonne, l'auteur des romans Dexter, Jeff Lindsay, fait une apparition dans le rôle d'un policier).
Il y a aussi de l'humour (j'ai adoré la remarque sur Nirvana ^_^) et puis, qu'on aime le catch ou qu'on n'aime pas (bon moi j'aime hein), le film reste vraiment intéressant et prenant, le gars aurait pu être musicien, écrivain, boxeur, boucher, pompier, l'histoire parlera à tout le monde.
Puis les vieux catcheurs des années 80 on en connaît plein, y'en a même qui sont encore là (youhou Shawn Michaels :)) et qui assurent.

Bref, The Wrestler est une belle histoire de vie, plutôt réaliste (un peu tristouille même parfois, quoique quand on devient un vieux briscard, on s'identifie bien au perso), très bien interprétée, et franchement, pendant des années j'ai pas apprécié Mickey Rourke, mais là je lui dis vraiment "Respect Mickey !". Le succès du film est largement mérité, et il est temps pour cet acteur que la roue tourne et que les jours deviennent meilleur. Vraiment, succès mérité pour le film et son équipe.

Voilà, je ne vais pas vous raconter tout ce qui se passe dans le film, en tout cas c'est un bon film, et si tout le battage médiatique peut sembler agaçant (moi ça m'agace en tout cas, mais c'est valable pour tout : le battage autour de Dexter, The Shield, autour de True Blood, etc, ça n'empêche pas que ce soient de bons trucs), on peut se dire que ce n'est pas de vains compliments, mais que le film les mérite largement. A vos écrans de ciné ! je crois que ça sort le 18 février :)
ps : au fait, il y a une nouvelle et même deux que j'ai écrites il y a un certain temps, l'une va paraître dans "L", l'anthologie de Charlotte Bousquet chez CDS Editions mi 2009, l'autre va paraître (date non précisée encore) chez les éditions Ad Astra dans une anthologie de Lucie Chenu dont je reparlerai sur mes sites persos et dans les deux, il y a des catcheurs (ah je savais pas que ça allait redevenir autant à la mode quand je les ai écrites - après tout, les écrivains et les scénaristes, on a tous les mêmes idées même sans se concerter, c'est celui qui arrive au bon endroit au bon moment qui remporte la primeur :) - j'avais même eu l'idée d'un roman mettant en scène un serial killer qui tue des serial killers il y a trois ans, je connaissais pas les romans de Jeff Lindsay et mon perso aurait probablement pas bossé dans la police de Miami comme Dexter, mais bon, l'idée générale hein - bref tout ça pour dire qu'un jour je compte bien être le gars qui est là au bon moment pour sortir son idée avant tout le monde et au bon endroit pour que ça marche fort ^_^ - on peut rêver ;)) donc tout ça pour dire que j'ai deux nouvelles avec des catcheurs et si vous voulez les lire vous serez bienvenus.

mardi 9 décembre 2008

The Big Lebowski... et autres films indispensables

Hier soir, sur la TNT (décidément un petit groupe de chaînes qui passent souvent plein de conneries que j'adore - notamment "Oggy et les cafards" et "Will & Grace" ^_^) ils ont eu l'excellente idée de rediffuser "The Big Lebowski", l'un de mes films fétiches.
Aparté sur ma liste de films fétiches :
Les indispensables
Las Vegas Parano
The Big Lebowski
Easy Rider
HWY An American Pastoral
et aussi
Fight Club
Dracula (de Coppola)
American Psycho
LOTR
Factotum
Cool Hand Luke
et j'en oublie parce que je ne cite notamment pas tous les De Funès ^_^ et je vous épargne les séries pour l'instant !
A voir les 4 premiers films de la liste, on pourrait se dire que je suis un vieux drogué psychédélique sur le retour... mais je n'ai qu'un léger faible pour l'alcool en réalité, et il est très maîtrisé car on me surnomme à juste titre "Dr Raisonnable".
Bref, c'est avec plaisir que j'ai revu cet excellent film, tout empreint de nostalgie et de génialité. Des acteurs qui sont de vrais acteurs au sens noble (Jeff Bridges mais aussi Steve Buscemi et John Goodman mais aussi une pléiade d'autres acteurs de folie), un scénario oscillant entre le polar, la comédie et le conte (si, si), un personnage particulier qui a son importance (le Russe Blanc, c'est très bon mais un peu dur pour le foie si on abuse ^_^) et la présence de Flea (bassiste ultra-talentueux des Red Hot Chili Peppers) - Flea qui fait aussi sa petite apparition dans "Las Vegas Parano" d'ailleurs (je l'ai aussi vu dans d'autres films mais ils ne sont pas dans mon 'top') - et le bowling, s'il y a un jeu génial sur terre, c'est bien le bowling !
L'une des scènes du film qui me fait le plus tripper, c'est celle où Lebowski assommé vole au-dessus de Los Angeles de nuit sur la chanson de Bob Dylan, "The Man in Me" (en fait Bob Dylan pour moi c'est comme les Rolling Stones : je ne le comptabilise jamais dans mes musiques préférées mais il y a pas mal de chansons de lui que j'aime).
La mise en scène des frères Cohen est bien sûr parfaite (ce sont de bons cinéastes il faut bien le dire ^_^). Et puis je crois que si j'accroche tellement, c'est un peu que le personnage du Dude me rappelle vaguement un autre barbu aux yeux bleus des années 60 et je me dis que s'il avait vécu au-delà des 27 ans, il serait peut-être devenu un gars à la cool comme Lebowski. En plus c'est un film qui fait partie de notre "panoplie de films" à Eric et à moi, et j'y tiens donc encore plus pour ça : on l'a vu au ciné il y a 10 ans, en 1998, année de sa sortie, et on l'aime toujours autant.
Ce qui est si attachant et "émotionalisant" à mes yeux dans des films comme "The Big Lebowski" ou "Las Vegas Parano" ( "Easy Rider" et "HWY" datant de l'époque je ne les cite pas car je les aime par nostalgie mais ce ne sont pas des films nostalgiques de leur époque, ils sont ancrés dedans quoique mélancoliques et 'mettant une claque au rêve' par certains côtés) c'est cette espèce de nostalgie de la fin des années 60, un genre d'époque bénie qu'on a tendance à percevoir comme la promesse d'un Eldorado qu'on n'a jamais atteint. Mais au moins il y avait cette promesse et cet espoir, non pas d'un ailleurs mais d'un meilleur, que nous n'avons plus aujourd'hui.
Bon, je n'y étais pas... en fait si j'y étais puisque je suis Jim Morrison ;) ... mais ces films, leur vision de l'époque et de ce qu'il en reste, me parlent.
Leur atmosphère, leur musique, leurs personnages, tout ça c'est "mon trip". Aujourd'hui, je les aime encore parce que moi aussi j'ai envie de dire "Où est le festin qu'on nous avait promis ?", parce qu'à l'époque où j'ai vu ces films pour la première fois, non seulement j'édhérait totalement à l'époque dont ils se souvenaient, mais en plus j'avais moi-même des rêves, des espoirs, l'illusion que les choses pouvaient rester à tout jamais pareilles. Depuis j'ai vécu davantage, j'ai galéré et je continue - même si je ne suis pas autant à plaindre que certaines personnes Dieu merci, je peux encore tenir bon et servir de soutien à quelques uns - tant et si bien que je ne perçois plus l'avenir de la même façon car, en tant que nostalgique chronique, je savoure aussi le présent car je sais que, dans l'avenir, certaines choses vont encore se perdre et se dégrader et que ce qui est aujourd'hui deviendra une source de nostalgie de plus demain et ainsi de suite. Je vois les choses d'un point de vue différent, non pas en misant simplement sur l'espoir, les rêves, les illusions de la jeunesse, mais en suivant mon chemin quoiqu'il arrive un peu comme un tank, un genre de robot automate programmé pour que ça dure le plus longtemps possible et dans les meilleurs conditions possibles quoiqu'il arrive.
En avançant en âge, certes nous nous fortifions (comme dirait un vampire de ma connaissance), mais nous devenons aussi plus fragiles, dans ce sens que nous avons plus perdu, et plus à perdre qu'à gagner au fur et à mesure que le temps passe.
C'est pour ça aussi que le fait que Le Dude se la coule douce, sans se prendre la tête et sans faire chier le monde, c'est une leçon à retenir.
Bon, tout ça pour dire que "The Big Lebowski" est un film à voir, comme "Las Vegas Parano", c'est non seulement un excellent film en soi, mais un film hommage à plein de belles choses. C'est probablement aussi l'une des nombreuses sources d'inspiration d'Horizon Motel.