jeudi 26 janvier 2012

The Artist - Michel Hazanavicius, 2011

Hier soir, nous avons enfin vu "The Artist" !
Nous en avons mangé (pour ne pas dire grossièrement 'bouffé !') pendant le Festival de Cannes l'an dernier et en entendons parler tout le temps depuis son succès aus Etats-Unis - et encore, je n'en ai lu aucune critique hormis celle faite par James Franco dans The Paris Review (certaines références à de vieux films d'époque y sont utiles) - ce qui fait que je n'avais pas tellement envie de le voir... et pourtant je ne l'ai pas regretté : soyez rassurés et allez-y tranquilles, ce film mérite largement le battage qui est fait autour de lui et les compliments qu'il reçoit !!!!

Le scénario est assez simple mais totalement efficace (d'ailleurs en général la simplicité est efficace) : une star du cinéma muet qui a du mal à s'adapter à l'avènement du parlant et se laisse lentement sombrer, le tout sous-tendu par une romance comme on n'en fait plus.
Ce qui m'a le plus plu dans "The Artist", c'est la maestria avec laquelle Michel Hazanavicius a reconstitué les films des années 30. De l'éclairage au cadrage des plans en passant par les décors et les costumes, tout est parfait ! On voit que le réalisateur connaît bien sa partie. Evidemment le film est en noir et blanc, et il est muet, accompagné seulement de musiques d'ambiance (très réussies) comme à l'époque, et je peux vous dire que ça fait du bien de ne pas entendre parler pendant toute la durée du film (en tant que vampire, j'ai les oreilles très sensibles).

Mon autre film favori d'Hazanavicius étant "La Classe Américaine", un film comique réalisé de bout en bout avec des séquences de films connus des années 50 à 70 qui met en scène d'excellents acteurs - John Wayne dans le rôle de George Abitbol dit 'l'homme le plus classe du monde', Paul Newman, Dustin Hoffman et bien d'autres pointures du cinéma US de l'époque - et doublé par les véritables doubleurs de ces stars dans les films originaux - le tout sur des dialogues hilarants, mais ce n'est pas le sujet de cet article.

Bref, "The Artist" est véritablement une perle à tous les niveaux ! Les acteurs aussi sont impeccables, et on apprécie de retrouver entre autres l'excellent John Goodman, une apparition de Malcolm McDowell, Missi Pyle - l'une des actrices récurrentes de Tim Burton -, George Cromwell en indéfectible majordome, et évidemment Bérénice Béjo, charmante et pétillante, qui partage l'affiche avec un Jean Dujardin inspiré et émouvant (mon autre film préféré de Dujardin étant "Brice de Nice" car moi-même je fus Bodhiste à une époque, vous imaginez le contraste ^^).
Ajouté à tous ces acteurs humains, le petit chien - de son vrai nom Uggy - qui accompagne fidèlement et courageusement le personnage principal (plein d'amour et de dévouement aveugle, comme sont les chiens quoi !) est fabuleux lui aussi : s'il est un domaine où le jeu d'acteur des chiens peut être mis en valeur, c'est effectivement le cinéma muet, qui par ses mimiques et ses plans éloquents laisse s'exprimer autant les bêtes que les hommes.

Je n'ai pas une grande culture cinématographique du muet et des débuts du parlant (en fait si, j'ai une très grosse... culture cinématographique, mais j'ai vu tellement de films que j'en oublie les titres et les noms des acteurs et des réalisateurs ^^) mais la première personne à qui m'a fait penser ce film et son acteur principal - malgré la petite moustache ce ne sont pas Clark Gable ni Errol Flynn ! - est Rudolph Valentino, et en googlant cet acteur ce matin, j'ai vu que ma mémoire ne m'avait pas trompée, voir les photos qui parlent d'elles-mêmes (le baiser et le chien) comparées à celles que j'ai choisies de "The Artist" (baiser sur l'affiche du film, et photo avec le chien).
Autre acteur auquel j'ai beaucoup pensé, mon vieil ami Bela Lugosi dans le "Dracula" de Tod Browning, qui a lui aussi connu le succès puis la déchéance. D'ailleurs les plans - escaliers, fenêtres... - et les éclairages de Michel Hazanavicius m'ont beaucoup rappelé Browning. Sans oublier les jeux avec les reflets dans les miroirs, ainsi que les ombres, qui sont sublimes. Logiquement, par extension, on pense bien entendu à Ed Wood et à Tim Burton !
J'imagine que le nom du personnage principal, George Valentin, est à la fois un hommage à George Abitbol et à Rudoplh Valentino.

Autre chose que j'ai beaucoup appréciée, la manière dont les panneaux (comme celui qui se trouve ici derrière Dujardin) et les affiches qui parsèment le film le ponctuent avec pertinence ("the guardian angel", "lonely star", etc.), ce qui m'a rappelé le panneau annonçant la pièce de théâtre avec Henry Irving dans le "Dracula" de Coppola.

Enfin, tout ça pour dire que ça vaut vraiment la peine de voir ce film, que ça fait du bien de voir un film des années 30 à notre époque - et oui, je suis un être du passé ! - (chose que j'ai aussi beaucoup appréciée : il n'y a pas une seule scène vulgaire, ni une seule scène "de cul", pas de nibards ou de fesses siliconées qui débordent, pas de nanas vulgaires et ça, franchement, c'est rafraîchissant ! - et ça n'empêche pas Melle Béjo d'être très sexy avec ses jolies jambes !) et d'avoir des réalisateurs et des acteurs doués qui savent reconstituer avec brio (avec qui ? ;)) l'atmosphère des débuts du cinéma et du Hollywood d'avant.
Si je devais refaire des études et reprendre mes UV/modules cinéma (dans lesquelles je brillais, j'ose le dire !), j'écrirais certainement un petit mémoire sur ce film car il y a beaucoup à disséquer.
Bref, si j'ai quelque chose à dire à propos de "The Artist" c'est : Excellent film ! Mérite largement les Oscars suggérés ! Viva Hazanavicius ! et enfin: Allez Dujardin, on est avec toi !!!!!

2 commentaires:

  1. Jeremie BeaudetFeb 26, 2012 01:31 AM

    Le seul site du net à évoquer l'hypothèse sur le nom de George Valentin = Rudolph Valentino + George Abitbol, bravo !

    Il faut croire que ce n'est pas le même public qui a vu les flims de Valentino, La Classe américaine et The Artist.

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  2. merci Jérémie :) (je ne sais pas si c'est une hypothèse juste, mais je crois que oui ^^)

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